Manifestations chroniques d'un excès de glucocorticoïdes (cortisol)
Syndrome de Cushing = Hypercortisolisme endogène non freinable
Diagnostiqué par des tests de freinage
Définition
Pathologie acquise, à prédominance féminine (10 fois plus de femmes que d'hommes)
Pléomorphisme de son expression (cibles tissulaires multiples)
Généralités
Répartition anormale des graisses : Facio-tronculaire
Visage lunaire (rond) et érythrosique (rouge)
Comblement des creux sus-claviculaires
Bosse de bison (accumulation de tissu adipeux en arrière, au niveau du haut du dos)
Augmentation du rapport taille/hanche
Prise de poids facio-tronculaire modérée (environ 10 kg)
Absence de modifications des habitudes alimentaires
Ne cède pas à la restriction calorique
Prise pondérale
Prédominante au niveau des ceintures et de la sangle abdominale
Fatigabilité à la marche ou à la montée des escaliers
Quadriceps très atteint
Visible dans les stades très avancés
Palpation du quadriceps par la manœuvre du tabouret (patient accroupi essaye de se relever sans utiliser ses mains)
Amyotrophie des membres
Atrophie cutanée et sous-cutanée
Hyper fragilisation de la peau
Cicatrisation difficile
Peau des mains "en feuille de cigarette"
Fragilité cutanéo-capillaire (hématomes faciles, veines fragiles)
Vergetures cutanées larges (plus d’1 cm), pourpres, horizontales sur les flancs et la racine des membres, radiaires au niveau de la région mammaire et péri-ombilicale
Symptômes de l'effet du cortisol sur la peau
Anomalies très spécifiques
Augmentation de la volémie
Effet du cortisol sur la régulation de la tension artérielle
Hypertension artérielle
Anxiété, insomnie
Syndrome dépressif
Trouble psychotique aigu (formes psychiatriques du syndrome de Cushing, sécrétion permanente de cortisol empêchant le sommeil)
Troubles psychiatriques
Rétention hydrosodée
Œdèmes des membres inférieurs
Toutes infections, même opportunistes (pneumocystose)
Sensibilité accrue aux infections
Possible dyslipidémie et diabète
Déminéralisation de l'os par le cortisol
Lombalgies d'horaire mécanique, fractures ou tassements vertébraux
++ chez les patients âgés
Ostéoporose et ostéopénie
Chez la femme : Troubles du cycle, hirsutisme, aménorrhée, spanioménorrhée, hyperandrogénie
Chez l'homme : Troubles de la libido et de l'érection
Troubles de l'axe gonadotrope
Anomalies non spécifiques
Sémiologie clinique
Mise en évidence d'une sécrétion excessive de cortisol non freinable
Rythme nycthéméral du cortisol (pic vers 8h, baisse la nuit)
Principe
Recueil urinaire complet sur 24h
Indépendant de la CBG urinaire
Réalisable en ambulatoire
Nécessite un recueil complet
Contraception estro-progestative, grossesse
Cortisol libre dans les urines
Cortisol plasmatique/salivaire à minuit normalement effondré
Patient mâche des salivettes
Ne pas se brosser les dents avant
Non remboursé par l'assurance maladie
Indépendant de la CBG et du métabolisme de la dexaméthasone
Robustesse du dosage du cortisol
Cortisol salivaire à minuit
Hospitalisation
Robustesse du dosage du cortisol
Cortisol plasmatique à minuit
Forte dose de corticoïde (dexamethasone) le soir
Dosage du cortisol du patient le lendemain à jeun
Empêche la remontée physiologique du cortisol pendant la nuit
Pas de freinage en cas de syndrome de Cushing (production autonome de cortisol non régulée)
Attention : ne pas réaliser en combinaison avec une contraception estro-progestative ou une grossesse
Test de freinage minute
Outils de diagnostic de première intention
Test Sensibilité Spécificité Avantages Limites
Cortisol libre urinaire 94.0% 93.0% Indépendant de la CBG urinaire, réalisable en ambulatoire Nécessite un recueil complet, contraception estro-progestative, grossesse
Cortisol salivaire 00h 99.2% 86.2% Robustesse du dosage du cortisol, indépendant de la CBG et du métabolisme de la dexaméthasone Non remboursé par l'assurance maladie, non accessible dans tous les laboratoires
Cortisol plasmatique 00h 95.8% 95.4% Robustesse du dosage du cortisol Hospitalisation
Test de freinage minute 96.1% 93.2% Robustesse du dosage du cortisol plasmatique Contraception estro-progestative, grossesse
Sensibilité, Spécificité, Avantages, Limites
Diagnostic biologique
Donner des corticoïdes (dexamethasone)
Rétrocontrôle négatif sur l'hypophyse
Baisse de l'ACTH, donc du cortisol
En cas d'hypersécrétion, le cortisol ne diminue pas
Dosage de l'ACTH après avoir trouvé un Cushing pour savoir s'il est dépendant ou non
Syndromes de Cushing surrénaliens, maladie de Cushing (hypophyse), syndromes de Cushing paranéoplasiques
Principe du test de freinage
Maladie de Cushing (86-93%) : Adénome de l'hypophyse produisant de l'ACTH (micro-adénome 60%, macro-adénome 20%, non visible 20%)
Tumeurs pulmonaires : Carcinoïdes, cancer pulmonaire à petites cellules
Autres : Tumeurs neuroendocrines pancréatiques, thymiques, gastrinomes, CMT, prostate, intestin, phéochromocytomes, séminomes
Sécrétion ectopique de CRH
Sécrétion ectopique (7-14%)
Syndrome de Cushing ACTH dépendant (70-82%)
Adénomes (tumeur bénigne) : 65-72%
Corticosurrénalomes (tumeur maligne) : 19-23%
Tumeur surrénale unilatérale
Syndrome de Cushing ACTH indépendant (18-30%)
Arbre diagnostique
Hypercorticisme : Syndrome de Cushing
Surproduction d'aldostérone
Fréquent
Pas de signes physiques
Définition
Réactionnel à une déplétion sodée ou une diminution de la volémie efficace
Causes : Traitement diurétique, insuffisance cardiaque...
Aldostérone et rénine élevées conjointement
Hyperaldostéronisme secondaire : Hypersécrétion de rénine (réponse physiologique)
Nodule unique : Adénome de Conn
Sinon : Hyperplasie bilatérale
Aldostérone élevée, rénine freinée
Sécrétion autonome d'aldostérone
Hyperaldostéronisme primaire (HAP) : Maladie primitivement surrénalienne
Types
Rétention hydrosodée
Hypertension artérielle
Fuite urinaire de potassium
Hypokaliémie
PA systolique >= 180 mmHg
PA diastolique >= 110 mmHg
HTA sévère
Objectifs tensionnels non atteints malgré trithérapie (incluant un diurétique thiazidique)
HTA résistante
Hypokaliémie < ou = à 3.5 mmol/l, permanente ou intermittente, spontanée ou induite par un diurétique
Hypokaliémie chez un patient hypertendu
HTA avant l'âge de 30 ans
HAP à rechercher en présence de
Sémiologie clinique
Le matin, plus de 2 heures après le lever
En position assise depuis 5 à 15 minutes
En régime normosodé (Natriurie 100 à 200 mmol/24h)
En normokaliémie (si le patient est en hypokaliémie, il faut la compenser)
Arrêt des antihypertenseurs (depuis 2 semaines ou 6 semaines pour les antagonistes du récepteur MC et les inhibiteurs de la rénine), à l'exception des inhibiteurs calciques de longue durée d'action et des alpha-bloquants
Arrêt des oestroprogestatifs (surtout œstrogène) depuis 6 semaines

Conditions standardisées

Confirmation sur un deuxième prélèvement

Mesure du rapport aldostérone/rénine (RAR)
Surrénales normales sans et avec produit de contraste
TDM surrénalien
Tumeur bénigne
Surrénale prend une forme ronde
Adénome de Conn : Solitaire, à enlever chirurgicalement
Surrénale toujours en accent circonflexe mais beaucoup plus grosse
Hyperplasie bilatérale
Etiologie
Diagnostic de l'hyperaldostéronisme primaire
Hyperaldostéronisme
Pathologie grave mais rare
Excès de production de catécholamines par la médullosurrénale
Troubles cardiaques majeurs
Toujours éliminer devant une masse surrénalienne, en particulier avant une ponction surrénalienne
Définition
Pas de signe physique
HTA associée à des malaises
Triade de Ménard : Tachycardie, sueurs, céphalées (bonne spécificité, manque de sensibilité)
Palpitations à début brutal, sensation d'angoisse
HTA paroxystique déclenchée par un effort, un changement brusque de position, ou à la palpation abdominale
Hypotension orthostatique (diminution d'au moins 20 mm de Hg entre la pression allongé et debout)
Amaigrissement
Diabète (rôle hyperglycémiant des catécholamines)
Pâleur (vasoconstriction)
Découverte hasardeuse au scanner : Incidentalome surrénalien (par exemple, sur un patient fumeur lors d'un scanner thoracique)
Clinique
Dosage des métanéphrines et normétanéphrines dans le plasma ou les urines sur 24h (métabolites des catécholamines, plus stables)
Scanner : Masse surrénalienne très vascularisée
IRM : Hypersignal en T2
Diagnostic
HTA paroxystique associée ou non à une triade de Ménard
Masse surrénalienne découverte par hasard
Diagnostic simple à suspecter devant
Phéochromocytome
Atteinte primitivement surrénalienne
Lente ou aiguë
Due à une lésion du tissu surrénalien
Déficit hormonal devient symptomatique quand plus de 90% de la glande est atteinte
Grave
Insuffisance surrénalienne primaire
Atteinte hypothalamo-hypophysaire
Moins grave
Due à une carence en ACTH
Pas de cortisol mais sécrétion d'aldostérone maintenue (dépendante du SRAA)
Insuffisance corticotrope
Définition
A suspecter devant des signes majoritairement non spécifiques d'installation progressive et insidieuse
En cas de forte suspicion, donner tout de suite un traitement par hydrocortisone
Diagnostic
Asthénie (à l'effort, psychique, sexuelle)
Amaigrissement progressif
Anorexie
Les trois "A"
Nausées, dégoût de l'eau, appétence pour le sel, douleurs abdominales
Vomissements + diarrhée : Décompensation finale/aiguë de la maladie (insuffisance surrénalienne aiguë)
Signes digestifs
Hypotension orthostatique
Malaises hypoglycémiques (jeune, effort)
Signes généraux
Douleurs articulaires
Myalgies
Autres signes moins fréquents
Aspect de bronzage très hétérogène
Acquis, fréquente, d'apparition retardée
Coloration cutanée et des muqueuses (intérieur des joues, lèvres)
Non uniforme
Taches brun sale, surtout sur les zones découvertes, les muqueuses, zones de frottement, cicatrices, mamelons
Cicatrices et plis palmaires hyperpigmentés (noirs) et sous les ongles
Accentuation des zones déjà pigmentées
Taches grisâtres, ardoisées au niveau des muqueuses, typiques de cette maladie
Ne peut pas être un signe d'IS aiguë car peut mettre plusieurs mois à apparaître
Mélanodermie : Due à l'élévation de l'ACTH, qui est produite avec la MSH et pigmente la peau
Signe pathomognomonique
Absents dans les formes modérées
Peu marqués si forme chronique
Tableau typique
Pas de sécrétion de cortisol ni d'aldostérone
Perte d'eau et de sel, grande déshydratation dans les formes graves
Hyponatrémie de déplétion (perte dans les urines)
Hyperkaliémie (grande réabsorption de potassium au niveau rénal)
Bicarbonates plasmatiques bas
Hypoglycémie à jeun (manque de cortisol)
NFS : Anémie normochrome normocytaire, neutropénie, éosinophilie, lymphocytose
Signes biologiques
Dosage hormonal
Dosage de cortisol à 8h : Cortisol effondré (< 3 μg/dL) avec ACTH élevé = Suffisant au diagnostic
Injection pour voir si le cortisol monte, ne montera pas en cas d'IS
Test négatif : Cortisol < 20ug/dl (550nmol/l), confirme IS
Cortisol dans les normes (entre 3 et 19 μg/dL) : Test de stimulation au Synacthène (analogue synthétique de l'ACTH)
Déficit en glucocorticoïdes
Aldostérone effondrée, rénine plasmatique élevée
Déficit en minéralocorticoïdes
Effondrement du cortisol et de l'aldostérone avec élévation de l'ACTH et de la rénine
Diagnostic positif
Rétraction corticale auto-immune (présence d'anticorps anti-21 hydroxylase)
Cause la plus fréquente d'IS
Surrénale atrophique
Forme isolée ou dans le cadre d'une polyendocrinopathie auto-immune (diabète de type 1, dysthyroïdies)
Touche majoritairement les jeunes femmes
Maladie d'Addison : Toutes petites surrénales au scan
Des années après avoir eu la tuberculose
Atteinte des surrénales, très spécifique : Calcifications typiques au scanner
Tuberculose surrénalienne : Grosses surrénales calcifiées
Adrénoleucodystrophie (génétique lié à l'X très rare)
Iatrogène (Nizoral, Mitotane, Ethomidate)
Hémorragie bilatérale des surrénales : Pas de mélanoderme, aigu brutal très grave, ACTH n'a pas le temps de s'élever
Infectieuse (HIV)
Histoplasmose, cryptococcose
Lymphomes bilatéraux ou métastases bilatérales (car une seule surrénale suffit pour produire assez d'hormones)
Etiologie
Insuffisance surrénalienne primaire lente
Décompensation d'une IS primaire lente
Plus du tout de réserve hormonale
Carence aiguë en cortisol et aldostérone
Mortel en l'absence de traitement
Définition
Stade final de l'insuffisance surrénalienne lente
Chez un patient dont les besoins en cortisol augmentent (stress, déshydratation) et qui n'a pas augmenté ses médicaments
Arrêt de l'hormonothérapie substitutive
Hémorragie bilatérale des surrénales
Thrombose des veines surrénaliennes
Circonstances d'apparition
HypoTA profonde et choc par hypovolémie
Signes de déshydratation EC puis globale
Troubles digestifs : Nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales
Asthénie ou agitation importante et état confusionnel (coma au maximum)
Hyperthermie
Signes d'hypoglycémie : Sueurs
Tableau pas très spécifique : Les trois signes à rechercher surtout sont : Hyponatrémie, Hypoglycémie, Mélanodermie (que si insuffisance surrénalienne chronique qui s'est aggravée)
Tableau clinique
Hyponatrémie ++ avec natriurèse conservée inadaptée
Hyperkaliémie avec kaliurèse basse
Hémoconcentration par déshydratation extra cellulaires (augmentation de la protidémie et de l'hématocrite)
IR fonctionnelle
Acidose métabolique hyperchlorémique
Hypoglycémie
Très typiques
Tout choc hypovolémique avec une hyponatrémie est une IS (jusqu'à preuve du contraire)
Signes biologiques
Insuffisance surrénalienne primaire aiguë
Moins grave
Déficit en ACTH > Déficit sécrétoire du cortisol
Sécrétion d'aldostérone conservée
Pas de déshydratation ni de perte d'eau et de sel
TRÈS FRÉQUENT
Risque intermédiaire : Dose >= 7,5 mg/j équivalent prednisone pendant au moins 3 semaines
Risque élevé : Doses >= 20 mg/j
Cause principale : Corticothérapie prolongée avec arrêt brutal
Tableau moins sévère car respect des minéralocorticoïdes
Définition
Asthénie, anorexie, amaigrissement
Myalgies et arthralgies
Hypotension artérielle
Malaises hypoglycémiques par manque de cortisol
PAS de mélanodermie
PAS de déshydratation (aldostérone normale)
Peut passer inaperçu : Patients d'abord épuisés suite à l'arrêt des corticoïdes puis récupèrent petit à petit
Peut aussi être dû à une tumeur de l'hypophyse : Rechercher d'autres signes d'insuffisance des axes hypophysaires
Signes fonctionnels
Hyponatrémie de dilution par sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique (SIADH)
VEC est normal (ADH monte car est une hormone stimulante de l'ACTH donc production un peu augmentée)
Hyponatrémie (mais pas par perte rénal de sel)
Kaliémie normale et aldostérone aussi
Signes biologiques
Cortisolémie à 8h basse et ACTH non élevée
Test de référence : Provoquer une hypoglycémie par injection d'insuline, le cortisol ne monte pas si insuffisance corticotrope
Injection de CrH, le cortisol et l'ACTH devraient augmenter mais n'augmentent pas + faire test au Synacthène
Tests explorant directement la réserve hypophysaire en ACTH
Dosages hormonaux
Insuffisance corticotrope
Pathologie Sécrétion de cortisol Sécrétion d'aldostérone ACTH Rénine Signes cliniques Signes biologiques
Syndrome de Cushing Augmentée Augmentée Augmentée Augmentée Visage lunaire, bosse de bison, amyotrophie, vergetures, hypertension, troubles psychiatriques, ostéoporose Cortisolémie à 8h élevée, test de freinage au dexamethasone négatif
Hyperaldostéronisme primaire Normale Augmentée Normale Diminuee Hypertension, hypokaliémie Aldostérone élevée, rénine basse
Phéochromocytome Normale Normale Normale Augmentée Hypertension paroxystique, palpitations, tachycardie, sueurs, céphalées, hypotension orthostatique Métanéphrines et normétanéphrines élevées
Insuffisance surrénalienne primaire lente Diminuee Diminuee Augmentée Augmentée Asthénie, amaigrissement, anorexie, mélanodermie, hypotension orthostatique, hypoglycémie Cortisolémie à 8h basse, ACTH élevé, test de stimulation au Synacthène négatif
Insuffisance surrénalienne primaire aiguë Diminuee Diminuee Augmentée Augmentée HypoTA profonde, choc par hypovolémie, signes de déshydratation, troubles digestifs, asthénie ou agitation, hyperthermie, hypoglycémie Hyponatrémie ++, hyperkaliémie, hémoconcentration, IR fonctionnelle, acidose métabolique hyperchlorémique
Insuffisance corticotrope Diminuee Normale Diminuee Normale Asthénie, amaigrissement, anorexie, hypotension, hypoglycémie Cortisolémie à 8h basse, ACTH basse
Tableau récapitulatif
Insuffisance surrénalienne
Surrénales
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